Le blog de Jean-Marie Renoir

Nouvelles locales vallée Doller-Soultzbach (68). Indianisme. Souvenirs d'enfance. Théâtre. Voyages.

13 novembre 2009

L'évolution des garages auto, en deux témoignages.

L'ancien, Bertrand Hirth, garage Peugeot de Sickert.

Après un CAP-BEP mécanique auto au lycée Lavoisier de Mulhouse en 77, Bertrand Hirth a débuté dans le métier au garage SIAM ( Société Industrielle Automobile Mulhouse)où il s'occupait des premières vérifications sur véhicule neuf à 1500km.Il a créé son propre garage à Sickert en 91, comme agent Peugeot. A l'époque, un mécanicien pouvait régler un moteur à l'aide d'une lampe stroboscopique, un voltmètre, et un tournevis. Aujourd'hui, sans l'outil diagnostic informatique du constructeur, et une solide formation permanente, la réparation devient approximative. «L'évolution a été très importante depuis mes débuts, affirme-t-il, surtout depuis 2000: l'électronique embarquée a fait son apparition et le perfectionnement des moteurs, des huiles et des filtres a permis l'espacement des révisions des véhicules à 20 voire 40 000 km...de même pour les liquides de freins, et de refroidissement...»Une voiture qui entre au garage subit d'abord une auscultation visuelle, puis est branchée sur l'ordinateur pour un diagnostic de contrôle, qui analyse les paramètres du véhicule via les calculateurs (cerveau)Si un défaut important s’avère non réparable, le véhicule est relié par Internet à la plate-forme d'assistance du constructeur. Celle-ci fait un diagnostic en fonction des informations fournies, traite l'incident en direct et donne des solutions. Elle peut également anticiper une panne future. Il y a 30 ans, tous les garages étaient viables. A présent, pour faire du bon travail il faut être équipé et formé. Par exemple, au bout de 2 ans, les véhicules neufs ne sont plus aux normes, du fait de l'usure due à l'utilisation d'huiles non adaptées, ou à un manque de suivi correct. «D'un autre côté, continue Bertrand, certains garagistes sont des vendeurs plus que des réparateurs...Un petit garage comme le mien s'efforce d'être à l'écoute de ses clients, de les informer et les conseiller, en plus des services annexes.». C'est dans cette optique que Bertrand forme des apprentis depuis 20 ans, tant la formation lui paraît importante: «Ils sont l'avenir de la profession!». Sur 6 personnes, le garage compte deux apprentis en Bac Pro. Il traite de 5 à 10 voitures par jour, pour une clientèle essentiellement locale, et aussi du Territoire de Belfort. L'avenir du garage est lié à celui de l'automobile qui se tourne lentement vers les moteurs hybrides et électriques. Mais Bertrand attend plutôt le moteur à hydrogène, qui selon lui, tarde à apparaître pour des raisons d'intérêts financiers. « Actuellement, j'hésite entre investir dans un nouveau site, et maintenir mon outil de travail en l'adaptant. Au vu de la conjoncture actuelle qui ne récompense pas les investissements, mon optimisme tendrait à  se refroidir. Il est regrettable que les professionnels ne soient pas assez soutenus, et que des micro-entreprises s'ouvrent sans aucun contrôle, cela au détriment du client, alors que le métier exige des techniciens hautement qualifiés...».

Garage Hirth à Sickert 03 89 38 84 13.

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Avec les moteurs électroniques, le diagnostique informatique est devenu incontournable.

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La mécanique pure n'a pas disparu: Maxime dépose un volant-moteur.

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Le recyclage des déchets se généralise:

huiles, liquides de frein et de refroidissement, filtres, feraille, pneus...

Et le jeune, Guillaume Willmé, garage 2V Compétition à Bourbach-le-Bas

A 25 ans, Guillaume Willmé vient d'entrer dans la profession, puisqu'il a ouvert son atelier de mécanique à Bourbach-le-Bas il y a 18 mois: 2V Compétition. Après un bac et un BTS de maintenance auto au Lycée Bugatti de Mulhouse, il a travaillé 3 ans chez Citroën Mulhouse comme contrôleur-qualité et chef d'équipe. En février 2008 sa passion de la mécanique l'a poussé à aménager un atelier dans l'ancien corps de ferme de ses parents. Pour l'instant il dispose de 160 m2 pour accueillir les clients, stocker le matériel et travailler sur les véhicules qu'on lui confie. Ses équipements en matériel ont été subventionnés par la Région Alsace, et il compte installer une fontaine de nettoyage bio subventionnée par l'Agence de l'Eau Rhin Meuse dans l'extension de 30m2 qu'il est en train d'installer lui-même avec l'aide de son père. « Bien que je travaille seul, explique-t-il, j'ai le même matériel que les concessionnaires, mais à échelle réduite. J'ai un équipement informatique complet, avec un appareil de diagnostic multi-marques agréé par les constructeurs. Il faut reconnaître que ces logiciels sont un peu moins performants, mais ils sont mis à jour régulièrement et concernent plus de 3000 modèles... ». On pourrait penser qu'un petit atelier comme celui-là n'est pas viable face à la concurrence et aux nouvelles technologies, mais Guillaume tourne bien. Sa clientèle est surtout locale, et grâce au bouche à oreille, les clients viennent de plus en plus loin. Une bonne raison à cela: ses tarifs de main d'oeuvre horaire sont moitié moins élevés que dans une concession, et il réduit largement ses marges sur les pièces et les pneumatiques. De plus, les interventions sur l'électronique prennent beaucoup de temps qu'il ne facture pas en intégralité. « Mon gros avantage, comme je travaille seul, est que j'ai moins de charges, et que je n'ai pas besoin de traiter beaucoup de voitures par jour. Je veux faire les choses bien, même si j'y passe du temps que je ne compte pas... »

Garage 2V Compétition, Guillaume Willmé, Bourbach-le-Bas, 03 89 82 25 01.

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Guillaume travaillant en solo, a beaucoup moins de charges.

Jean-Marie Renoir  10 11 2009

 

Posté par ours68 à 09:40 - Vallée Doller et Soultzbach. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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