Les spectateurs de la Grange Burcklé n'ont pas regretté d'être venus applaudir les deux groupes de musique Babüsk et DuoA3 Exca, mercredi soir. De l'avis général, le groupe sundgauvien a fait une entrée remarquée en présentant son répertoire en deux langues «...pour retrouver des mots cachés au fond des oreilles...». Les vieilles chansons en dialecte qu'ils ont ressorties des grimoires, ont réveillé des souvenirs d'enfance à plus d'un, comme «  Kemma ku spielà » à plusieurs voix, la triste complainte exhumée du Moyen-Age «  Hilf Ô Himmel », ou le très émouvant «  Scheenschter Owastarn ». Quelques reprises ont fait un hommage au troubadour alsacien Roger Siffer, qui a aussi composé des chansons engagées, comme l'histoire du manouche « Simon Schneider », ou celle du poivrot amoureux «  Ich hà di garn ». Il faut dire que la présence du chanteur, et sa voix au timbre particulier, accompagnée par ses collègues à la guitare, l'accordéon et les percus, avaient de quoi retenir l'attention des auditeurs conquis. Deux titres du groupe Géranium à ses débuts, ont encouragé à la transmission de la langue alsacienne, « Âm Himmel steht a Starn » et « Aïe, aïe, aïe », qui a invité le public à chanter. Babüsk a terminé sa prestation par un hommage aux « Tschengalas » ces Alsaciens d'origine italienne, venus de Toscane ou de Lombardie après la deuxième guerre mondiale : «  Bella ciao » a provoqué une ovation debout des spectateurs reprenant le refrain en choeur. La deuxième partie de soirée était occupée par deux musiciens du groupe Excalembour, qui ont invité un ami pour former des duos ou trios tournants instrumentaux sur des airs de musique celtique. Un quatrième larron, ancien de Celtic Breeze, s'est joint au groupe pour chanter quelques titres, et les instruments se relayaient selon les genres, Irlande, Ecosse, Galice... Une « chanson à répondre » en turlute québécoise ( tabedibedam...), rythmée en «  tape-du-pied », a été reprise par le public, qui a eu ensuite bien du mal à apprendre le refrain de la célèbre balade irlandaise «  The wild Rover ». Une petite polka a clôturé le concert, avant que les quatre Babüsk reviennent sur scène pour partager à huit un «  Stumba » endiablé, et une reprise de « Wild Rover » en Alsacien !

JMR 30/05/17

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