Les gradins de la Grange Burcklé ont refusé du monde, samedi soir, pour la prestation du Art Of Jazz Orchestra. Installés sur des scènes en espaliers, les 14 musiciens ont fait éclater les notes de leur premier morceau, qui ont fait vibrer les tuiles du toit au dessus des têtes. Après que le chef Francis Jutkowiak a présenté l'orchestre qui rentre d'une tournée triomphale en Allemagne, et le style de son répertoire oscillant entre hip-hop, swing et funk, le groupe a entamé un morceau jazz-funk de Jaco Pastorius « The Chiken », qui a offert un solo de saxo baryton. La suite du concert a donné l'occasion de multiples solos de cuivres et de percus très applaudis, dont «  The mask of chili pepper » de Doug Beach, ou l'afro-cubain « Zebrano ». Une surprise est arrivée pour les trois derniers morceaux de la première partie : la chanteuse Izïa, du groupe Trezia, a chanté « Round Midnight » (1947) de Thelonius Monk, « Lover » de Billie Holliday (1952), et « Respect » d'Aretha Franklin (1967). Le style latino a marqué la reprise qui a débuté par un solo de guitare électrique scandé par le public, suivi de « Bistro latino » de Jeff Jarvis, puis «  Manteca » de Dizzy Gillespie et sa trompette dépliée, puis le très connu « Chill factor » de Chris Anderson et DJ Robbie, qui a fait danser le madison à toute une génération. Les applaudissements nourris ont fait revenir des coulisses, le groupe qui a offert trois rappels, dont «  I wish » de Stevie Wonder, et une pièce libre qui a permit une orgie d'improvisations de cuivres, dans lesquelles les musiciens se sont visiblement fait plaisir, et au public aussi. Il est remarquable que le jazz attire encore les jeunes musiciens de talent, majoritaires dans cette formation promise à un bal avenir.

JMR 04/07/17

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