L'Alsace des chansons populaires pour une nostalgie joyeuse, avec Ludo, Bernard, Jacky et Jean-Seb.

On aurait pu croire qu'elles étaient oubliées, ces anciennes comptines et complaintes en dialecte rhénan composant le répertoire du jeune groupe sundgauvien Babüsk. Mais quand ces Baïtza Büewa Speziàl Klüb ont commencé à égrener sur leurs instruments, les premières notes d'une chanson mélancolique, les têtes se sont redressées dans les rangs des spectateurs de l'Espace Claude Rich, et les vieux airs se sont réveillés dans les mémoires. Quelques morceaux en différents dialectes alémaniques qui rappelaient les longues soirées d'hiver autour du Kachelhoffa, parlaient d'une dot de mariage, de l'aide du ciel dans les moments difficiles, d'un petit Stumpa dans un chiffon, du lit accueillant de la bonne, de l'invitation à jouer... Ludo, le chanteur-flûtiste présentait les morceaux en en traduisant les titres et le thème avec humour, voire une pointe de malice, rendant très vivant par sa présence, un échange singulier avec la salle. Puis le quartet a rendu hommage au dernier auteur productif alsacien, Roger Siffert, avec une compilation bien connue de comptines, dont certaines étaient fredonnées par le public. Observateur assidu de ses contemporains, très engagé même s'il a été parfois controversé, il a notamment pointé du doigt la ségrégation envers les tziganes, nombreux en Alsace depuis longtemps. Deux chansons ont été reprises, d'abord traduites strophe après strophe: Gargalovitch le pauvre ziginer, et Simon Schneider, petit voyou un peu Robin des Bois manouche. D'ailleurs en entendant son nom, une dame s'est levée au deuxième rang pour révéler qu'il lui avait volé sa voiture à Strasbourg en 1975, et qu'on l'avait retrouvée remplie de porte-feuilles vides !... Une version modernisée de Hans em Schnokaloch, d'un poivrot cocu, d'un copain qui a le mal de son Mutterland, pour finir sur une chanson germano-française «  La liberté de pensée, die Gedanken sind frei », longuement reprise en choeur par le public. Pour finir, un hommage aux Alsaciens d'origine italienne, ces Tschingalas dont fait partie le président de Claude Rich, Jean-Philippe Diméglio : «  O bella ciao », reprise joyeusement par l'auditoire qui tapait des mains. Les applaudissements nourris ont gagné trois rappels, une chanson québecoise traduite en dialecte «  Mi cheeni Louise », le très rythmé « Aïe, aïe, aïe », et une imaginaire montée de la vallée de la Doller dans le petit train touristique bruité par les spectateurs ( Halfa, schumpfa), jusqu'au Starnsee ( Lac des Perches) salué par un «  Em Himmel steht a starn ».

A noter que les amateurs qui n'ont pas pu venir, pourront se rattraper dans un mois, lors du passage de Babüsk à la médiathèque du Sundgau d'Altkirch, le 23 mars à 20h.

JMR 27/02/18

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