Installé au piano noir sur fond de décor noir, le pianiste Pascal Keller a présenté samedi soir à la Grange Burcklé, une rencontre insolite, entre la chanson française et l'opéra. Il a rappelé que le conservatoire a bien changé depuis les années 60, où sa chasse gardée était fermée au reste du monde musical. Ce concert mixte voulait illustrer cette évolution en débutant par des extraits d'opéras et de pièces européens : d'abord les noces de Figaro de Mozart, puis le baroque King Arthur de Purcell, un poème de Théophile Gauthier mis en musique par Berlioz, deux sérénades nostalgiques de Moussorgski, et un chant d'amour de Schubert. Le tout interprété avec talent par le baryton Antoine Brossard dans les langues adéquates et sans micro, pour terminer sur Carmen de Bizet: un Toreador aussi applaudi que dans les arènes de Nîmes. Après la pause, le public a été invité à deviner le titre et l'interprète des chansons présentées, des classiques des années 50 et 60, de la Java des bombes atomiques de Boris Vian et l'Affiche rouge de Ferré, à la Complainte des filles de joie de Brassens, ou Emmenez-moi d'Aznavour. Quelques titres plus récents ont réveillé Higelin, Souchon ou Murat, dont certains refrains ont été repris en choeur par le public. Les rappel ont permis de ré-entendre les éternelles chansons napolitaines de 1880 O sole mio et Funiculi, pour finir sur un nostalgique Jardin d'hiver en hommage à Salvador.

JMR 03/07/18

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