La Grange Burcklé était bien remplie pour la reprise de son programme : pour leur retour après une dizaine d'années d'absence, Virginie et Dominique Zinderstein avaient concocté samedi soir, une série de chansons de leur composition. Chantées à deux, poétiques ou joyeuses avec un brin d'humour, accompagnées à la guitare et au hautbois, elles racontaient la vie de couple avec ses hauts et ses bas : Quand je reviendrai, Lorsque tu t'en iras, La fille du train, Maux d'amour... D'autres chansons « ...qui n'engagent que nous », parlaient d'un tour du monde gastronomique, de souvenirs d'enfance, d'une cantatrice folle, et aussi de critiques de la société moderne, des bourgeoises en 4X4, du bénéfice net capitaliste, ou du « Bonheur est dans le prêt »... qui ont provoqué des rires enjoués et des applaudissements. Après la pause, les lumières rouges et les tenues rouge et noir ont présagé du thème abordé : Chatouille-moi. Des reprises d'auteurs connus du 16ème au 20ème siècles, abordaient des textes peu connus sur des musiques de Dominique aux rythmes divers : tango, samba, jazzy, voire rocky. Les spectateurs amusés ont pu découvrir des poèmes courts souvent à double sens, souvent osés et parfois crus, à ne pas mettre dans toutes les oreilles, de Louise Labé ( Baise m'encor), de Nicolas Restif de la Bretonne ( La jolie fournalière), de Victor Hugo ( Elle était déchaussée), de Paul Verlaine ( Ydille life), ou de Louis Aragon ( La pine et le con), et même un poème surréaliste d'Apollinaire ( Ô ma tendre putain). Les artistes ont invité a reprendre certains refrains, dont „Concordances“ de Théophile Gautier, que le public a volontiers suivi avec plaisir sur une grande feuille tenue par une spectatrice. Il a eu droit à deux rappels, une composition sur le rêve d'un horticulteur qui cultive des penséesn et la femme du boucher. Soit une trentaine de morceaux pour une belle soirée sympathique, pleine de joyeuses surprises...

JMR 29/08/18

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