Belle soirée vendredi à la Grange Burcklé, où le quatuor international Jazz At Four a réuni les têtes grises pour un voyage parmi les grands classiques du jazz des années 30 à avant-hier. Dès les premières mesures, les genoux ont commencé à marquer le tempo et les têtes à hocher au rythme des titres magnifiquement interprétés la chanteuse Mélanie Schäfer, gracieuse et ondulante au micro. Sa voix claire et inspirée a réveillé les standards de Duke Ellington comme « I'm beginning to see the light » de 1944, ou « Satin Doll » de 1953 reprise par Ella Fitzgerald, Oscar Peterson ou Frank Sinatra, le blues de Walter Donaldson (Makin' woopee de 1928), ou la chanson de Jimmy Davis popularisée par Billie Holiday et Barbra Streisand (Lover man de 1941). Le Brésil aussi a inspiré les jazzmen, avec « Summer samba » de Marcos Valle (19 64), « Girl from Ipanema » de A.Carlos Jobim (1962), ou « Estate » de Bruno Martino (1960), reprise en français par Nougaro sous le titre «  Un été » en 81. Les auditeurs ravis se sont régalés d'une quinzaine de titres, qui ont donné l'occasion de solos époustouflants de Tielman Günter dont les doigts couraient sur les touches du piano, et d'autres du bassiste Alain Quai, le tout rythmé par le jeu précis et varié de Roger Bynen à la batterie. Le concert, trop court, s'est conclu par un rappel, avec le fameux « Route 66 » composé en 1946 par Bobby Troup, grand classique de rhythm and blues d'abord chanté par le crooner Nat King Cole, puis repris par de nombreux chanteurs, dont les Rolling Stones et Eddy Mitchell en français.

JMR 09/09/18

P1100132