23 août 2009
Ces gens qui se mobilisent pour l'Afrique.
Bernard Leiser, fermier-aubergiste à Niederbruck, apprend l'apiculture aux paysans mauritaniens.
« Au hasard d'une rencontre, un représentant d'une ONG mauritanienne m'a convaincu de venir partager mon expérience en apiculture. J'ai donc pris le chemin de l'Afrique fin 2005 pour deux mois. En Mauritanie, je me suis rendu compte que les abeilles sauvages sont très nombreuses, et les paysans récoltent le miel en brûlant les arbres qui les abritent. Avec les membres de l'ONG, j'ai donc entrepris d'installer cinq ruches et d'initier les villageois à l'apiculture comme on la pratique en Alsace. Le but était de produire du miel pour leur consommation et aussi pour vendre et acheter d'autres denrées alimentaires. L'année suivante, en arrivant, j'ai été déçu de constater que deux ruches seulement étaient encore occupées et ont produit à peine 1,5 kg de miel: tout ce travail et l'investissement de l'ONG pour rien... J'ai pensé à une négligence ou à un parasite. De retour en France, mes recherches m'ont fait comprendre que les techniques d'apiculture française ne sont pas adaptées aux abeilles africaines, ni à la façon de vivre des mauritaniens, du fait du climat, des traditions, des habitudes. Beaucoup de projets humanitaires en Afrique ont échoué, parce que les intervenants n'ont pas eu l'humilité de tenir compte de ces différences.
Je n'ai pas pu y aller l'an dernier pour raison de santé, mais en fin d'année, je vais repartir pour essayer d'installer des ruches kenyannes à barrettes, plus adaptées Je veux aussi rencontrer les cueilleurs de miel sauvage pour leur expliquer le fonctionnement d'une colonie, et l'intérêt des ruches, qui produisent un miel de meilleur qualité qui se conserve. Mais pour l'exploitation sérieuse d'un ou plusieurs ruchers, il faudrait un suivi de 3 ou 4 ans. Un soutien extérieur est indispensable, car financièrement je ne suis plus. Mes convictions me poussent à poursuivre pour prouver qu'une ethnie peut produire sa subsistance sans l'aide des sociétés industrialisées. L'autonomie – l'accès à l'eau et la production alimentaire- deviendrait alors un luxe..."
Jean-Marie Renoir 21 08 2009

21 décembre 2008
Une figure de Niederbruck s'en va.
Adrien Lerch quitte le secrétariat de mairie.
Depuis son départ à la retraite d'instituteur en 1999, Adrien Lerch, par ailleurs correspondant du journal l'Alsace, a
gardé son poste de secrétaire de mairie de Niederbruck. Après 38 années
de bons et loyaux services, il vient de rendre son stylo, et va quitter
définitivement son village d'adoption.
C'est à la rentrée 1970 qu'il s'est installé dans le logement de
fonction de l'école, avec son épouse Renée et son fils Mathieu. Julia
est venue agrandir le foyer quatre ans plus tard. Une petite pièce
servait de secrétariat de mairie, où il y avait juste la place pour un
bureau, qui accueillait , chacun d'un côté, le jeune secrétaire et le
maire de l'époque, Auguste Jenn. Les
réunions du conseil municipal se tenaient dans la salle de
classe du rez de chaussée au fond de laquelle trônait la
Marianne. Maire et secrétaire étaient installés
au bureau de l’instituteur, encadrés par les conseillers assis
tout autour, pour la plupart des anciens de la commune. Pour le nouveau secrétaire , le travail
ne manquait pas, mais il y avait
d’abord la classe à assurer, les poêles à mazout à remplir et à
rallumer les jours de grand vent, et la neige à déblayer en hiver...
Petit à petit, les choses
ont évolué: le
chauffage central au fuel a été installé en
1972, le logement de service a été transformé en
1984 en salle de réunion, secrétariat et bureau du
maire et des adjoints. Une deuxième classe a été
ouverte, puis une troisième " En
38 ans j’ai eu la chance de ne servir que deux maires, se souvient
Adrien. Lorsque je
suis arrivé en 1970, je ne pensais pas qu’un jour, Jean-Luc
Reitzer, petit élève de CE2, deviendrait
maire en 1989,
puis conseiller général en 1992. A
présent, je remercie mes deux maires pour la confiance qu’ils
m’ont toujours accordée. La compréhension des
conseillers municipaux dont certains étaient aussi d’anciens
élèves et surtout les habitants avec lesquels se sont
tissés, au fil des années, des liens d’amitié
animés par le respect mutuel."
A l'âge d'être grand'père, il faut savoir tourner la page, et Adrien
laissera sa place à Régine Ehret, à partir du 1er janvier 2009.
A l'issue du conseil municipal de jeudi 18, qui marquait aussi la
première séance de la nouvelle secrétaire, une petite réception a été
organisée par la municipalité, au cours de laquelle le maire Jean-Luc
Reitzer a rendu hommage au travail de son secrétaire: "...Véritable mémoire de la vie du village
durant ces quarante
dernières années, l' activité d'Adrien aura dépassé
la seule fonction du secrétariat. En effet, il nous aura fait
partager ses talents pour la photographie, son intérêt
pour l’histoire locale. Toujours rigoureux et méticuleux, il
laissera un souvenir positif auprès de ses anciens élèves
mais également à l’ensemble des élus qui l’ont
côtoyé et qui ont pu apprécier sa compétence
professionnelle...Enfin, il a été l'instigateur de la construction de la nouvelle
école en lieu et place de l'ancienne maison Briswalter..." . Au nom de la commune, le maire lui a
remis un chèque-cadeau de 1000€. Adrien s'est également vu remettre une
corbeille garnie de la part de Abilio Pinto, président de l'Association
de Gestion de la Salle Polyvalente, dont il a assuré le secrétariat et
la présidence durant quelques années. Un chaleureux verre de l'amitié a
clôturé la soirée.
Jean-Marie Renoir 19 12 2008

Adrien Lerch a reçu des bons cadeaux du maire Jean-Luc Reitzer et un panier garni de Abilio Pinto, à droite.

