07 novembre 2007
Où en est la Gauche en Alsace?
Conférence-débat à propos du livre de
Roland Ries.
Les hasards du calendrier et le programme chargé de Roland Ries ont
imposé un créneau peu favorable, puisque les auditeurs n'étaient qu'une
vingtaine samedi matin au casino du Cercle St Martin de Masevaux, venus
écouter l'auteur présenter son livre: " L'Alsace et la gauche, un
terreau pour la social-démocratie".
Sénateur du Bas-Rhin depuis 2004, maire de Strasbourg de 1997 à 2000, et
candidat à ce même poste, Roland Ries est resté fidèle aux valeurs de la
gauche. Son refus de toute approche dogmatique caractérise son
engagement au coeur des réalités de l'Alsace. Son livre ne propose pas
un programme de campagne électorale, mais une réflexion sur les
relations de sa région avec la gauche, basée sur l'histoire.
Le président d'Avenir-Doller Franck Dudt, a ouvert la conférence en
présentant le livre et son auteur, comme étant bien plus d'actualité que
n'importe quelle personnalité de la gauche régionale actuelle: " Sur
cette terre aujourd'hui difficile pour la gauche, il s'inscrit
résolument dans le mouvement de rénovation du Parti Socialiste...en
traçant un chemin d'espoir vers une social-démocratie innovante qui
répond aux aspirations des Alsaciens..."
Après un rapide historique de la gauche alsacienne, qui fut florissante,
Roland Ries a présenté son livre comme le résultat d'une révélation
suite aux élections régionales de 2004( où seules l'Alsace et la Corse
ont voté à droite...): " Il n'en a pas toujours été ainsi, et je me suis
demandé , en me replongeant dans l' histoire de l'Alsace, pourquoi la
gauche était en si vif déclin dans une région où elle avait été très
forte... En trouvant ces raisons, la gauche accèdera à la reconquête ,
grâce à l'adaptation de son language politique aux réalités locales, aux
interrogations des habitants... Il s'agit d'abord de respecter , ici
comme en Bretagne ou dans le Limousin, les identités culturelles
régionales, au lieu de prôner l'uniformisation linguistique,
confessionnelle, socio-professionnelle...En bref, cerner les
interrogations des Alsaciens et y répondre."
Au cours du débat qui a suivi, les intervenants ont notamment abordé les
questions de l'identité alsacienne par rapport aux autres régions,
l'enseignement de l'Allemand dans les écoles primaires, le droit local,
les religions reconnues ou non par le concordat, et les alternatives
possibles à l'ultra-libéralisme envahissant.
Ensuite, pendant que chacun trinquait à l'amitié au bar du casino,
Roland Ries s'est soumis à la tradition en dédicaçant son livre. Les
personnes intéressées qui n'auraient pas pu assister à la présentation,
peuvent se le procurer au prix de 15 euros, dans les librairies, ou en
contactant : la permanence de Roland Ries, 42 rue de la 1ère armée 67000
Strasbourg, tél 03 88 36 96 92 courriel r.ries@senat.fr
Jean-Marie Renoir 4 11 2007

Après le débat, Roland Ries a dédicacé son livre aux nouveaux acheteurs.
Les Flammes de la Mémoire
Une mobilisation générale contre l'oubli des
anciens tombés pour la Patrie.
L'accueil réservé aux " Flammes de la Mémoire" en 2006 dans près de 1000
communes du nord de la France, a conduit à développer cette action du
souvenir, et à accroître son ampleur territoriale en 2007 dans 13 748
communes, au sein de 34 départements, dont le Haut-Rhin. Cet évènement
est réalisé en partenariat avec le Souvenir Français, le Comité de la
Flamme sous l'Arc de Triomphe, la France Mutualiste, les Conseils
Généraux et Régionaux. Il vise à sensibiliser les habitants des
communes, en particulier les jeunes, à se mobiliser, l'espace d'un
soir, ou le jour du 11 novembre, afin d'être les acteurs du Devoir de
Mémoire en hommage aux soldats morts pour la France. Ils sont donc
conviés à se rendre au pied d'un monument au morts, d'y déposer puis d'y
allumer une bougie, symbole du souvenir. En allumant cette flamme, ils
auront une pensée pour tous ceux qui ont sacrifié leur présent pour l'
avenir des générations futures, et ils contribueront à la sauvegarde et
à l'entretien des sépultures et des monuments érigés pour perpétuer leur
mémoire.
De plus en plus de gens n'ont pas connu la guerre, et la suppression du
service national a encore éloigné les jeunes de l'héritage patriotique.
Les Flammes de la Mémoire mènent de nombreuses actions pour la
sensibilisation des jeunes et une plus grande participation du public ,
par des interventions en milieu scolaire, des expositions et des
conférences thématiques, des défilés et des dépôts de flammes par les
élèves des écoles, des voyages sur les lieux de mémoires.
" Le plus important, précise Roger Gaugler, délégué général du Souvenir
Français pour le Haut-Rhin, ce n'est pas dans l'instant, c'est ce qui
reste: un gamin qui a grandi , et qui revient au Vieil-Armand avec ses
enfants..." .
La transmission de cet héritage de mémoire aux générations plus jeunes
se poursuit de façon constante, pour perpétuer une certaine idée de la
France et de l'idéal de liberté pour lesquels les anciens se sont
sacrifiés depuis la révolution. "L'Alsace doit donner l'exemple, ajoute
Roger Bringard, délégué général adjoint, et attirer les jeunes pour
prendre le relais, en sensibilisant la population à cet acte symbolique."
Le "Souvenir Français", né en 1872 en Alsace - Lorraine occupées, a été
fondé en 1887 par Xavier Niessen. C'est la plus ancienne société
patriotique française, reconnue d'utilité publique en 1906. Régie par la
loi de 1901, elle s'est donné trois objectifs:
"- la transmission des valeurs de la République aux générations
successives en leur inculquant, par le maintien du souvenir de ses
morts, un idéal de liberté et d'amour de la Patrie."
"- la conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour
la France, ou qui l'ont servie dans la gloire ou dans l'ombre, afin de
préserver la liberté et les droits de l'homme."
"- l'entretien des tombes et des monuments élevés à leur mémoire en
France et dans le monde, qu'ils soient connus ou inconnus."
( Extraits de la plaquette de présentation éditée par le Souvenir
Français, 9 rue de Clichy 75009 Paris )
" Aucune justice n'est possible pour les morts...mais si nous ne
pratiquons pas le " devoir de mémoire", ils mourront une seconde fois"
Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix.
Des spots publicitaires seront diffusés sur FR3 Alsace le lundi 29
octobre à 19h05, le mardi 30 octobre à12h35, et le mardi 6 novembre à 12h35.
Les bougies de la mémoire seront mises à la disposition du public au
prix de 2 euros ( 1,36 euros: à l'initiative de l'Association
Souvenance, 0,45 euro au Souvenir Français, et 0,19 euro en frais.) dans
les débits de tabacs signalés par une affichette " Point de diffusion
des Flammes de la Mémoire". Chaque bougie d'une durée de 9heures
environ, est conditionnée dans un support biodégradable et présentée
dans un étui carton illustré.Elle est accompagnée d'un dépliant
d'information et de conseil.
Pour plus de renseignements, consulter le site: www.flammesdelamemoire.fr
Jean-Marie Renoir
15 10 2007

Grâce à Roger Gaugler et Roger Bringard, délégués départementaux du Souvenir Français, la participation du Haut -Rhin le place en 1ème position

Un des buts du Souvenir Français: apprendre aux enfants à se souvenir, en les associant aux commémorations.
29 août 2007
Troupes alsaciennes en Avignon OFF 2007
Le festival d’Avignon boudé par les troupes alsaciennes ?
Le rideau vient de retomber sur le 61ème festival de théatre d'Avignon, les décors sont démontés, les costumes rangés, c'est l'heure des bilans.
Pour une troupe de théatre, présenter un spectacle au festival OFF d’Avignon n’est pas chose simple. Bien sûr, le principal obstacle est financier : une troupe amateur n’a guère de moyens pour réunir les fonds nécessaires au déplacement, au logement, à l’intendance, et surtout à la location d’une plage horaire dans une des 110 salles disponibles dans la cité des papes. Les troupes professionnelles elles-mêmes n'y arriveraient pas sans subventions. Cette année, sur quelques 700 compagnies, à peu près toutes professionnelles, présentant près de 900 spectacles, tous genres confondus, une seule était alsacienne , contre une demi-douzaine en 2006.
La compagnie « Le Talon Rouge » de Strasbourg a adapté pour le théatre un roman de Emmanuel Adely, jeune auteur contemporain : « Mad about the boy ». Le texte mis en scène par Josiane Fritz, est un solo pour une comédienne : Catherine Javaloyès. Il décrit la quête obsessionnelle de l’autre, au point de le recréer, faute de l’avoir près de soi, un instant de vie, un cri d’amour magnifique. « Mad about the boy », c’est une chanson jazzy de Dinah Washington, que le personnage en état de crise écoute et fredonne en boucle pour tromper l’attente : « Oui, de façon maladive je l’ai écoutée cette chanson... parce que c’est lui cette chanson, c’est lui et moi, parce que j’ai aimé ce garçon à en devenir bête et heureuse... ». C’est la chanson-symbole qui fut le témoin de la naissance de l’amour d’une femme mûre pour un garçon bien plus jeune qu’elle, un amour qu’elle n’espérait plus, qu’elle ne méritait même pas, une passion avortée et déjà mourante faute de la présence de l’autre. C’est un cri désespéré parce que le bien-aimé ne téléphone pas, ne reviendra pas.
« Le titre anglais du roman permet de jouer sur les genres masculin et féminin, précise Catherine Javaloyès. La parole n’ayant pas de sexe, « Je » n’est ni « il » ni « elle », il est les deux à la fois. J’ai décidé de jouer en robe, puisque la similitude est aussi une différence. Ce texte sans ponctuation, qui libère l’interprétation, ces mots concrets que j’ai sentis tatoués dans ma peau, m’ont permis de fouiller dans le fond de l’âme humaine, et d’exprimer les contradictions et la fragilité cachées en chacun de nous. »
La comédienne entraîne son auditoire dans une promenade quelque peu initiatique sur les rives escarpées qui séparent l’amour du désespoir, la plénitude de la solitude, la raison de la folie. Grâce à un talent affirmé, elle le prend à témoin, et l’invite à la réflexion, en rappelant à chacun que l’amour est merveilleux et dangereux à la fois.
La compagnie « Le talon rouge », créée en 2003 par Catherine Javaloyès, s’est donnée pour objectif de promouvoir et de défendre l’écriture contemporaine et les auteurs vivants. Ses actions s’articulent autour de spectacles, de lectures publiques et d’ateliers de pratique théatrale. Le spectacle présenté en Avignon cette année est une amorce de l’écriture d’un autre texte de Emmanuel Adely : « Mon amour », pour quatre personnages, que la compagnie projette de présenter l’an prochain au festival. « Nous aimerions regrouper les troupes alsaciennes, et les aider à venir ici, en soutenant les jeunes générations, pour que la région Alsace soit identifiée à un lieu et à une tranche horaire , explique Jean-Jacques Megel, chargé de production. Il est tellement intéressant de se frotter aux autres, et de montrer nos travaux à un plus large public de professionnels... »
Jean-Marie Renoir 30 07 2007

Pour tromper l'attente, elle écoute et fredonne en boucle la chanson " Mad about the boy..."