30 août 2007
Nostalgie
Nostalgie, à la manière des madeleines de Proust.
Depuis un an que je suis à la retraite, je me suis abonné à L’Alsace. Avant, comme beaucoup, je la lisais pendant la pause, au travail.
Hier matin, j’ai dû partir tôt et je n’ai pas eu le temps de lire les nouvelles après le petit déjeuner. J’ai donc attrapé mon journal que le porteur venait de déposer dans le tuyau à côté de ma boîte aux lettres, et je l’ai jeté sur le siège passager. Dans un virage, il s’est dépilé, et j’ai eu une révélation.
Cette odeur…cette odeur que je reconnais tous les matins sans arriver à l’identifier…cette odeur m’a ramené 50 ans en arrière, quand ,avec mes 3 frères et sœurs, nous descendions le vieil escalier de bois pour partir à l’école. Cette odeur flottait dans l’air, l’odeur de l’encre d’imprimerie, que notre voisin du dessous avait laissée dans l’escalier, en rentrant de son travail de nuit . Le « Paul du dessous », comme l’appelait ma mère, était typographe ou imprimeur, je ne sais plus, au journal l’Alsace. Il nous intimidait , quand nous le croisions par hasard dans l’escalier, un jour qu’il ne travaillait pas. Il ne parlait pas beaucoup, peut être un peu irrité de nous avoir entendu courir au dessus de sa tête une partie de la matinée, alors qu’ il aurait bien voulu dormir… »Moins de bruit ! répétait ma mère, il y a le Paul du dessous qui dort… »
Le « Paul qui dort », c’est ainsi que nous, enfants l’avions baptisé, et c’est à lui que ce journal me fait penser tous les matins depuis un an…Pourquoi seulement maintenant ? Sans doute parce que c’est moi qui ouvre mon journal, et que l’odeur de l’encre emprisonnée entre les pages, n’a pas encore pu se dissoudre dans l’air.
Il en faut si peut parfois, pour vous ramener au temps béni du paradis de l’enfance…
Le 09 02 2007